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Toponymie Trois-Rivières
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De Tonnancour, rue
Toponyme :
Actuel
Secteur :
Trois-Rivières
Localisation
District de Marie-de-l’Incarnation, quartier Sainte-Cécile.
 
Voie reliant les rues Laviolette et Sainte-Cécile, croisant les rues Saint-François-Xavier, Sainte-Ursule, Saint-Vallier et Sainte-Angèle.
 
Voie parallèle aux rues Sainte-Geneviève, Saint-Sévère, du Haut-Boc et Hart.
Historique
Voie tracée vers 1850. Nom antérieur: « rue du Cimetière » (sur le plan de Harkin, 1867 - ASTR T1-247-14), dû à la présence du cimetière anglican St. James; le nom de « rue De Tonnancour lui a été donné plus tard. En 1861, on comptait 45 terrains concédés dans le fief du Haut-Boc, soit 18 sur la rue du Haut-Boc (plus tard: rue des Prisons) et 27 sur la « première rue au nord de l'Audience » (sans doute la rue De Tonnancour), « l’Audience » étant le palais de justice. Le premier plan cadastral de Trois-Rivières fut confectionné en 1873. Les grands propriétaires, comme les Ursulines, firent alors lotir leurs terres afin de mettre en vente des parcelles pour la construction. Ce premier travail d'arpentage général fut cependant précédé de quelques transactions foncières qui avaient pour but d'ajuster immédiatement le plan aux aménagements prévus. Ainsi, du 20 au 28 août 1873, l'arpenteur Louis-O.-A. Arcand, accompagné du vicaire-général Charles-Olivier Caron (procureur des Ursulines) et de deux témoins, Benjamin Bourgeois et Achille Bailey, parcoururent en tous sens les champs du domaine des Ursulines. Marquant les points de mesurage « avec des poteaux de pin sciés et plantés douze pouces en terre et six pouces hors de terre », ils dressèrent alors le procès-verbal de la subdivision en lots des terres appartenant aux religieuses. Ce faisant - et sans doute suivant le désir des Ursulines et de la municipalité -, il réservèrent des espaces pour le prolongement des rues Saint-François-Xavier, Saint-Charles (Hart), De Tonnancour et du Collège, ainsi que pour l'ouverture des rues des Commissaires, Sainte-Hélène, Sainte-Ursule et Sainte-Angèle. En juillet 1881, la communauté des Ursulines de Trois-Rivières demanda à la Ville de Trois-Rivières de déplacer la rue Sainte-Hélène de 60 à 70 pieds vers le nord-est, sur des terrains leur appartenant et à leurs frais si nécessaire, pour permettre la construction d'un corps de logis qui devait servir de nouveau pensionnat. Le 5 septembre 1888, soit deux ans et demi après l'inauguration du nouveau pensionnat du Sacré-Cœur (le 4 avril 1883), la Ville donna suite à la demande des religieuses: on ouvrit une nouvelle rue « sur le terrain des Ursulines de Trois-Rivières à la profondeur sud-ouest des emplacements de la ruelle Saint-Paul » sous le nom de « rue Sainte-Cécile ». L'ouverture de cette rue, qui comptait 18 habitations en 1890, entraîna la disparition de la ruelle Saint-Paul et de la rue Sainte-Hélène, au nord du cloître des Ursulines. Puis, on déplaça vers l'est, d'une rangée de lots, le tracé de toutes les rues parallèles qui avaient été projetées en arrière du Séminaire: ainsi, le côté est de l'ancien tracé de la rue Sainte-Ursule devint son côté ouest, tandis que son nouveau côté est correspondait à l'ancien côté ouest de la rue Sainte-Angèle, et ainsi de suite. La nouvelle rue Sainte-Angèle fut ouverte à partir de la rue De Tonnancour (au lieu de Saint-Charles) (Hart), tandis que l'ancien tracé de cette rue, entre De Tonnancour et Saint-Charles, fut conservé sous le nom de Saint-Vallier. En octobre 1904, les Ursulines permirent à la Ville de Trois-Rivières de prolonger la rue De Tonnancour sur leurs terres, car cette nouvelle voie d'accès devait favoriser la vente des cinq emplacements qu'elles y possédaient encore.
Nom actuel
Pour honorer la mémoire de la famille De Tonnancour qui a occupé une place très importante dans l’histoire de Trois-Rivières et de Pointe-du-Lac au XVIIIe siècle, en particulier de René Godefroy de Tonnancour (1669-1738), procureur du roi, lieutenant général de Trois-Rivières, seigneur de la Pointe-du-Lac, et de Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour (1712-1784), seigneur de Pointe-du-Lac, garde-magasin du roi, procureur du roi, lieutenant-général civil et criminel à Trois-Rivières. – Petit-fils de Jean Godefroy de Lintot et fils de Louis Godefroy de Normanville (procureur du roi) et de Marguerite Seigneuret, René Godefroy de Tonnancour (1669-1738) fut baptisé à Trois-Rivières le 12 mai 1669. Il n’avait que 10 ans à la mort de son père et ne put lui succéder immédiatement dans ses fonctions. Le 10 novembre 1679, en effet, l’intendant Duchesneau écrivait que « la charge de procureur du roi des Trois-Rivières est vacante par la mort du sieur De Normanville, qui a laissé un fils qui promet beaucoup ». Il suggérait de lui réserver cette charge, ce que le roi fit volontiers. Le poste demeura donc sans titulaire jusqu’en 1695, année où René Godefroy de Tonnancour entra en fonction. Puis, le 12 mai 1714, il succéda à Jean Lechasseur comme lieutenant-général civil et criminel de la juridiction de Trois-Rivières. Il remplissait aussi les fonctions de syndic apostolique des Récollets dans la même ville; à ce titre, il veillait aux intérêts temporels de la communauté: il s’occupa de la construction du monastère et de l’église des religieux. Les Ursulines, qui établirent un couvent et un hôpital dans la ville en 1697, trouvèrent également en lui un protecteur. Il céda aussi, gratuitement, un terrain aux frères Charron pour l’établissement d’une école de garçons. En 1718, il obtint pour sa famille la confirmation de l’anoblissement qui avait été accordé en 1668 mais qui n’avait jamais été enregistré. Il porta quelque attention, mais sans grand succès, à sa seigneurie de la Pointe-du-Lac, héritée de son père qui, par son mariage avec Marguerite Seigneuret, âgée de 9 ans seulement, avait ajouté à son domaine la terre voisine de son beau-père. Le fils tenta d’y installer des Amérindiens qui vécurent péniblement à cet endroit dans de misérables cabanes jusque vers la fin du Régime français. Le 8 octobre 1731, Beauharnois et Hocquart rendaient un beau témoignage au juriste: « Le sieur De Tonnancour termine sommairement presque tous les différends dans le gouvernement des Trois-Rivières, en qualité de subdélégué de l’intendant, intelligent et bon juge ». De Tonnancour fut inhumé, comme il l’avait demandé par humilité, dans le cimetière de Trois-Rivières (plutôt que dans l’église paroissiale) le 21 septembre 1738. Les Ursulines écrivirent que le défunt avait toujours été «le conseiller, l’appui et le soutien de tous ceux qui avaient recours à sa protection ». L’acte de sépulture, dressé par le curé de Trois-Rivières, note les qualités morales du défunt, tant pendant sa vie que pendant sa maladie. De son mariage, en 1693, avec Marguerite Ameau (1669-1749), fille du notaire Séverin Ameau, il eut cinq fils et cinq filles. Deux de celles-ci se firent ursulines. L’aîné des fils, Charles-Antoine, devint prêtre, puis chanoine du chapitre de Québec. Le continuateur de la lignée fut Louis-Joseph. – Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour (1712-1784) était un ardent royaliste, fidèle partisan de la Couronne britannique; il commandait les miliciens canadiens lors de la bataille de Trois-Rivières le 8 juin 1776. Né à Trois-Rivières et baptisé le 27 mars 1712, Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour était le fils du seigneur René Godefroy de Tonnancour (1669-1738) et de Marguerite Ameau (1669-1749). Sous le Régime français, il fut garde-magasin du roi et procureur du roi. Le 11 février 1740, à Trois-Rivières, il épousa en premières noces Mary Ann Seaman (1716-1746), née en Nouvelle-Angleterre où elle y avait été capturée par les Abénakis, puis confiée à l’éducation des Ursulines de Trois-Rivières, qui la convertirent au catholicisme. Son épouse mourut à la naissance de son quatrième enfant, le 13 septembre 1746. Puis, le 2 novembre 1749, à Québec, De Tonnancour épousa en secondes noces Louise Andresse Carrerot, âgée d’environ 19 ans, fille du commissaire des troupes du roi à la forteresse de Louisbourg, sur l’île Royale (île du Cap-Breton), avec qui il eut douze autres enfants. Des seize enfants De Tonnancour, six moururent en bas âge. Trois de ses fils furent impliqués dans la résistance contre l’invasion américaine (1775-1776), dont l’un, Joseph-Marie Godefroy de Tonnancour (1750-1834), devint seigneur des fiefs Gatineau et d’Yamaska, colonel de milice (1782), député (1792), et qui continua la lignée De Tonnancour. Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour décéda le 15 mai 1784. À sa mort, sa fille, Marie-Marguerite Godefroy de Tonnancour, devint seigneuresse de Pointe-du-Lac; deux ans plus tard (1786), elle épousa Thomas Coffin qui devint, de ce fait, seigneur de Pointe-du-Lac. – Le manoir De Tonnancour, au 864 rue des Ursulines, fut construit en 1722 par le seigneur René Godefroy de Tonnancour (1669-1738), époux de Marguerite Ameau. Il fut aussi la résidence de leur fils, Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour. Partiellement incendié à peine quelques semaines avant le décès de Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour, en 1784, la maison (actuelle) a été reconstruite par le juge Pierre-Louis Deschenaux en 1795.
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