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Toponymie Trois-Rivières
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Hart, rue
Toponyme :
Actuel
Secteur :
Trois-Rivières
Localisation
Districts de Laviolette (centre-ville) et de Marie-de-l’Incarnation (quartier Sainte-Cécile).
Voie reliant les rues des Forges et Hertel, croisant les rues Radisson, Bonaventure, Laviolette, Saint-François-Xavier, Sainte-Cécile et Saint-Paul. Voie parallèles aux rues Notre-Dame Centre, Royale, Saint-Olivier et Saint-Denis au sud-ouest de la rue Laviolette, et parallèle aux rues De Tonnancour, du Haut-Boc, des Commissaires, Saint-Sévère et Sainte-Geneviève au nord-est de la rue Laviolette.
Historique
L'actuelle rue Hart a été formée à partir de trois anciennes rues:
- la rue Hart, qui allait de la rue des Forges à la rue Bonaventure, ouverte en 1822,
- la rue Saint-Joseph (ou Des Groseilliers), de la rue Bonaventure à la rue Laviolette, et
- la rue Saint-Charles, de la rue Laviolette à la rue Hertel.
 
En juillet 1881, la communauté des Ursulines de Trois-Rivières demanda à la Ville de Trois-Rivières de déplacer la rue Sainte-Hélène de 60 à 70 pieds vers le nord-est, sur des terrains leur appartenant et à leurs frais si nécessaire, pour permettre la construction d'un corps de logis qui devait servir de nouveau pensionnat. Le 5 septembre 1888, soit deux ans et demi après l'inauguration du nouveau pensionnat du Sacré-Cœur (le 4 avril 1883), la Ville donna suite à la demande des religieuses: on ouvrit une nouvelle rue « sur le terrain des Ursulines de Trois-Rivières à la profondeur sud-ouest des emplacements de la ruelle Saint-Paul » sous le nom de « rue Sainte-Cécile ». L'ouverture de cette rue entraîna la disparition de la ruelle Saint-Paul et de la rue Sainte-Hélène, au nord du cloître des Ursulines. Puis, on déplaça vers l'est, d'une rangée de lots, le tracé de toutes les rues parallèles qui avaient été projetées en arrière du Séminaire: ainsi, le côté est de l'ancien tracé de la rue Sainte-Ursule devint son côté ouest, tandis que son nouveau côté est correspondait à l'ancien côté ouest de la rue Sainte-Angèle, et ainsi de suite. La nouvelle rue Sainte-Angèle fut ouverte à partir de la rue De Tonnancour au lieu de Saint-Charles (Hart), tandis que l'ancien tracé de cette rue, entre De Tonnancour et Saint-Charles (Hart), fut conservé sous le nom de Saint-Vallier.
En 1920, les prolongements des rues Saint-Charles (rue Hart) et des Commissaires, à partir du chemin de fer de ceinture (à l’est de la rue Hertel) jusqu’à la rue des Pins, disparaissaient complètement sous la gigantesque papeterie de la Canadian International Paper (C.I.P.), de même que les rues des Pins et Hemlock.
 
Noms antérieurs (avant 1947):
- « rue Hart »: tronçon allant de la rue des Forges à la rue Bonaventure,
- « rue Saint-Joseph » et « rue Des Groseilliers » (1941-1947): tronçon allant de la rue Bonaventure à la rue Laviolette, et
- « rue Saint-Charles »: tronçon dans le quartier Sainte-Ursule (aujourd’hui: quartier Sainte-Cécile), à l’est de la rue Laviolette jusqu’à la rue Hertel.
Nom actuel
Pour rappeler la mémoire de la famille Hart qui possédait une partie de l'ancien fief des Jésuites, c'est-à-dire tout l'espace situé entre les rues Royale, des Forges, Bonaventure et le prolongement de la rue Saint-Joseph (Hart), et sur lequel s'élevait la maison familiale (démolie en 1887). Des trois ou quatre familles juives qui choisirent de s'établir à Trois-Rivières au lendemain de la Conquête, celle des Hart fut certainement la plus importante et la plus industrieuse. Issue d'Aaron Hart, premier Juif arrivé au pays, elle réalisa quelques grandes premières de l'histoire canadienne. C'est aux Hart de Trois-Rivières que l'on doit, par exemple, la création de la première synagogue du Canada. Les Hart furent aussi au premier rang de la lutte qui conduisit à l'adoption, en 1832, de la Loi sur l'émancipation politique des Juifs et, conséquemment, de tous les citoyens du pays. Les plus vieilles familles juives du Québec, comme les Levy et les Judah, étaient parentes avec les Hart. – Aaron Hart fut le premier citoyen canadien d'origine juive. Vivandier accompagnant les troupes britanniques durant de la guerre de la Conquête, il s'installa à Trois-Rivières, sur la rue des Forges, au début de 1761. De son mariage avec Dorothea Judah en 1768 sont nés quatre fils: Moses, Ezekiel, Benjamin et Alexandre, ainsi que quatre filles: Catherine, Charlotte, Elizabeth et Sarah. – Deuxième fils d'Aaron, Ezekiel Hart (1770-1843) fut, lui aussi, commerçant et homme d'affaires prospère, ainsi que député de Trois-Rivières (1807-1808). En obtenant la faveur des électeurs de Trois-Rivières, en 1807, il fut le premier Juif élu député au Canada et dans tout l'Empire britannique. Mais, ne pouvant prêter le serment officiel « sur la foi véritable d'un chrétien », il fut expulsé de l'Assemblée législative du Bas-Canada et n'exerça jamais sa fonction de député. Il est néanmoins à l'origine de la Loi de 1832 qui reconnut la liberté religieuse et les mêmes droits fondamentaux à tous les citoyens.